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« Dirt at gold’s price »

to the bones - dirt art 15

Hello Hello!

Je sais que les articles ne pleuvent pas vraiment en ce moment sur le blog, mais je suis en train de remettre toute mon organisation à plat en vue des grands projets qui s’annoncent.

Ca implique entre autre plus de temps passé à l’atelier et du coup plus de créas qui vont en sortir, des partenariats avec des marques cools, des EXPOS, des lives d’un côté et de l’autre de la scène, des sessions et des customs de bécanes….

On a hate d’y être quoi.

J’ai aussi accumulé pas mal d’articles dont j’ai les shooting mais dont je n’ai pas eu le temps d’écrire le contenu. Du coup je vais essayer de rattraper tout ça, et ça commence maintenant!

 

Je vous présente dans cet article le process et le résultat final d’une de mes dernières création.

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Ca fait des mois que j’accumule toutes sortes de matériaux glanés dans l’usine et je me demandais entre autre ce que j’allais faire de toutes ces lanières flinguées par les tonnes d’acier qu’elles ont porté au fil des années. (option rimes activée)

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Elles sont assez rigides parce que très résistantes, elles peuvent porter chacune jusqu’à 5 tonnes d’acier (ou de cacahuètes, 5 tonnes c’est 5 tonnes. Oui je suis en forme aujourd’hui)

En revanche elles ont une forme infinie, elles font une boucle. J’avais dans l’idée d’en faire un fond sans trop savoir quoi en faire après, du coup il a fallu les découper.

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J’ai utilisé un disque assez fin pour faire une découpe propre. Mais évidemment ça ne pouvait pas être si simple,  j’ai eu la surprise de voir qu’il s’agit de fibres plastiques et que du coup, bah ça fond avec la chaleur de la découpe…

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Il a donc fallu faire gaffe à ne pas trop appuyer sur le disque pendant la découpe pour ne pas qu’il se retrouve agglutiné dans le plastique en fusion et casse. C’est quand même arrivé. Plusieurs fois.

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J’aime bien le patchwork que forme l’aléa des saletés et des teintes d’origine des sangles, exactement ce que j’avais en tête.

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Une petite rasade de colle pour maintenir l’ensemble pendant la phase de cloutage. En réalité les sangles étaient tellement salles et tellement rigides que la colle n’a absolument servi a rien. Désolé si vous étiez là à la recherche de professionnalisme, on est plus sur du gars qui cherche comment concrétiser une idée un peu floue, à base de 97% d’improvisation. Mais j’avoue que c’est ce qui donne pour moi une bonne partie de l’intérêt de la chose. Me lancer sur des travaux que j’ai déjà fait ou que je sais que je réussirai sans encombres ça ne me branche pas vraiment.

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La colle ayant échoué lamentablement, encore une fois, des clous. Beaucoup de clous.

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Le support en sapin teinté que j’ai construit pèse assez lourd à cause de ses nombreux renforts, mais je n’avais pas d’autre choix dans la manière de procéder, les sangles sont tellement lourdes et rigides qu’elles risquaient de déformer le bois avec le temps.

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Des clous. Des clous. Des clous.

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Et voici le support complètement terminé. A partir de ça une multitude de possibilités étaient envisageables par rapport à comment j’allais intervenir sur ce fond. J’ai d’abord eu envie de peindre un motif en noir, mais je naviguais entre plusieurs idées et au final j’ai trouvé dommage d’utiliser un médium aussi classique sur un support aussi atypique.

Du coup j’ai laissé poireauter pas mal de temps le fond dans l’atelier. Je n’arrivais pas à me laisser séduire par une des nombreuses idées qui me passaient par la tête, et j’ai gardé un oeil attentif sur lui pendant que je travaillais sur d’autres projets dans la Bones Factory.

J’ai réussi à me remettre dessus après pas mal de semaine quand j’ai eu envie de « peindre » un motif avec… de la crasse. J’ai commencé à faire des tours dans l’usine pour voir dans quelle mesure j’allais pouvoir racler le sol et m’en servir comme médium. Mais au final cette idée impliquais pas mal de contraintes techniques. Mais elle m’a permis un chemin de pensée vers une autre direction dans la même veine: travailler sur la crasse déjà existante.

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Je me suis dit qu’après tout les sangles sont déjà imprégnées de crasse, de graisse, de poussière, et que ça pourrait être intéressant d’enlever de la matière plutôt que d’en rajouter. J’ai donc fait un test sur une sangle que je n’avais pas utilisé pour le fond en la passant au karcher, et la marque du passage du jet était nette. Ca fonctionnait!

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La technique était décidée, le fond était prêt, il ne manquais plus que deux choses:

_ le texte. J’avais envie d’écrire quelque chose mais ce n’est pas évident de trouver quoi. Du coup j’ai repensé aux semaines que je venais de passer à bloquer sur cette créa alors que mon médium tant recherché était juste sous mon nez tout ce temps. Le texte a suivi cette logique, il y est question de crasse et de ce qu’elle évoque à celui qui la regarde. Dans le cadre de l’usine elle est quotidienne pour les ouvriers qui la côtoient. Mais sortie de son contexte? J’ai imaginé une personne regardant le résultat final accroché sur les murs immaculés d’une galerie, et je me suis dit que quelqu’en puisse être le prix, la réaction la plus envisageable serait « c’est vraiment vendre de la crasse à prix d’or ». Cette image m’a beaucoup fait rire et la phrase est restée.

_ les cojones. L’idée du karcher c’est cool, mais ça implique un tracé unique, d’un jet, pas de repentir, pas de deuxième chance, et tout ça avec le recul quasi incontrôlable du manche provoqué par la puissance du jet… Le moindre foirage deviendrait une catastrophe irrattrapable. Ca m’a d’abord beaucoup stressé de me dire que je pouvais potentiellement ruiner deux jours de taff en moins d’une minute, puis ça m’a finalement un peu excité. Du coup j’ai passé deux jours à « taguer » au karcher tous les murs et les sols sales que j’ai pu trouver à grand coups de « dirt at gold’s price ».

Puis vint le jour fatidique, il fallut se jeter.

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Maitriser la puissance et le recul pour faire des tracés réguliers n’a vraiment pas été simple, et ça a donné ce côté un peu aléatoire à la typo que je trouve assez marrant. Elle est née de la lute entre l’homme et la machine, un combat aussi épic qu’acharné pour déterminer lequel des deux prétendants pourrait clamer haut et fort la paternité de cette engeance typographiquement chaotique… too much?

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J’espère que l’article vous a plu, de même que la créa. J’ai hâte de vous présenter la prochaine oeuvre, mais surtout de pouvoir vous annoncer une date d’expo et de partager réellement ça avec vous.

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Enjoy!

 

To the bones© Tous droits réservés, demander avant utilisation.

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2 commentaires

  • Répondre
    grame
    31 décembre 2017 à 11 h 43 min

    J’adore ton article! Ce recyclage hors du commun avec une bonne touche d’humour et ce processus d’écriture hyper original, j’aime l’idée!
    Un piétement pourrait en faire une table basse à toute épreuve! ,)

    • Répondre
      Max
      3 janvier 2018 à 23 h 19 min

      Merci beaucoup Grame! Content que l’article t’ait plu 😉

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