Art

Des clous. Beaucoup de clous.

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Cet article est consacré au processus de création d’une oeuvre qui me trottait dans la tête depuis un petit moment, et qui comme à chaque fois que je me lance dans quelque chose de nouveau m’a donné pas mal de fil à retordre.

J’ai eu envie de travailler avec des clous. Pourquoi des clous? Parce que j’adore travailler avec une matrice de petite taille pour former un ensemble beaucoup plus grand, et puis c’est quand même de l’acier et du bois…

Cette technique, ou plutôt cette idée puisque je n’avais que le concept en tête au moment de me lancer, avait plusieurs défaut avant même d’avoir été commencée, notamment le fait que je n’avais aucuns indices du type de clous que j’allais utiliser et de combien j’allais en avoir besoin.

Tant pis, j’ai attaqué le support en bois pour avancer en me laissant le temps d’y réfléchir.

 

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La taille du support a été choisie de manière complètement arbitraire, puisque je pensais partir sur un carré ayant mon idée de motif en tête, et que je me suis finalement redirigé vers un rectangle une fois le nez devant.

 

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Ca c’est une petite photo gratos de notre Renaud, bassiste de talent chez les All Day Savage, notre groupe de… de… ben de « rock », de « metal », de « garage », de « bruit »? Bref on arrive toujours pas à mettre un mot sur notre répertoire de compos.

Quand vous viendrez nous voir en concert on écoutera vos propositions avec plaisir 😉

Bref tout ça pour dire qu’on peut pas bosser tranquille. ll rode souvent à la Bones Factory le lundi, si vous voulez passer récupérer un autographe.

 

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Le support en bois une fois assemblé, poncé et chouchouté, vient le temps de la teinte.

 

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Je suis parti sur une teinte de chaîne foncée pour créer plus de contraste entre les clous et le fond. Ca donne l’impression d’être sec assez vite mais il ne faut pas s’y fier et laisser sécher plusieurs heures au risque d’abimer la teinte.

 

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Enfin on commence à sortir les crayons. Pour projeter mon motif de spirale que j’ai conçu sur Photoshop je me suis servi d’une tablette Lenovo gentiment prêtée par Mel de Don’t mess with the rabbit.

Ca m’a permi de positionner le motif et de voir quelle partie de la spirale j’intègre sur le support. Pratique.

 

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Et on rentre dans le vif du sujet: les clous.

Le dilemme est total, quels clous choisir? Il en existe de toutes les tailles, de toutes les formes et de toutes les finitions… Mais le principal inconvénient à prendre en compte c’est le poids.

Pour que la structure reste viable et ne s’effondre pas sur elle même il a fallu que je prenne des clous pas trop longs et d’un diamètre pas trop large pour gratter un peu de poids.

Et pour ce qui est de la finition j’ai choisi un rendu mate pour le côté brut du matériaux et éviter le côté trop clinquant et brillant du poli.

 

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Et c’est parti…

 

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Le plus dur pour coller à ma vision du projet a été de garder le côté vivant et aléatoire que peuvent avoir les clous une fois plantés tout en essayant de tracer un forme qui avec du recul soit régulière et homogène.

Et concrètement, quand le travail vient de commencer, je n’ai rien sur quoi me baser en termes de repères, juste la foie en ce qui arrive.

 

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Puis vient le moment ôôôô combien délectable, le motif qui surgit du support.

 

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Arrivé à la fin de ma première ration de clous, j’ai vite compris qu’il allait falloir voir plus grand sur les consommables. Du coup j’ai acheté directement un carton de 5 kg de clous pour être large…. Que j’ai bouffé en moins de deux.

 

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Petit tips pour ceux qui seraient tentés d’essayer, dites adieux à la bonne entente avec vos voisins et à vos tympans. En réalité le process prend tellement de temps et fait tellement de bruit que c’est vite insupportable.

J’ai du me résigner à faire des pauses de plus en plus souvent pour reposer mes articulations et à mettre des boules quies pour sauver ce qu’il reste de mon audition. C’est vraiment pas un DIY anodin sur le plan physique, croyez moi.

Ah oui, aussi, ça coute cher EN DOIGTS.

 

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Et après l’effort…

 

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Le réconfort.

 

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Il m’aura fallu au total presque 16 kg de clous et environ une cinquantaine d’heures de travail pour en venir à bout. Le rendu est exactement celui que je m’étais imaginé et fixé pour objectif.

Encore une création qui évolue grâce à la réverbération de la lumière, suivant d’où on la regarde. Sur la photo suivante par exemple on peut voir qu’elle reflette à la fois la lumière chaude de l’atelier et la lumière froide de la verrière.

J’espère que le résultat vous plaira et vous inspirera, j’ai hâte d’être à la prochaine expo pour voir vos réactions en direct.

 

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To the bones© Tous droits réservés, demander avant utilisation.

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6 commentaires

  • Répondre
    Souchka
    18 mars 2017 à 20 h 49 min

    Vraiment canon cette création ! Bravo :)

    • Répondre
      Max
      19 mars 2017 à 21 h 49 min

      Merci jeune Licorne!!

  • Répondre
    Marion
    19 octobre 2017 à 16 h 07 min

    C’est vraiment la classe, tu m’étonnes que ça a dû te coûter cher en temps, doigts et tympans ! C’est du très beau travail, et j’avoue que l’idée du projecteur pour tracer ton motif est super astucieux.Bravo !

    • Répondre
      Max
      23 octobre 2017 à 15 h 30 min

      Merci Marion 😉 Content que ça te plaise.

  • Répondre
    grame
    31 décembre 2017 à 12 h 23 min

    Whaou!!! Félicitations, c’est juste magnifique! Et pour avoir fait un peu de string art avec mes enfants, je me rends compte de l’investissement.
    Difficile d’en décrocher son regard…

    • Répondre
      Max
      3 janvier 2018 à 23 h 21 min

      Ah oui ça a été vraiment un gros investissement en temps et en doigts… Mais si c’était facile ça serait surement beaucoup moins drôle non? ahah

    Répondre à Souchka Annuler